Francisco Romano Pérez

ROMANO

Traduction française : Pablo Urquiza.
Traduction anglaise : María López Naguil de Casares
avec la collaboration d’Erin L. McCoy.
Traduction portugaise : Carmen Humacata / Omar Apaza avec la collaboration du poète franco-brésilien Pedro Vianna.
Directrice de l’édition : Ghislaine Masset.
ISBN : 979-10-93202-04-4
© Abra Pampa Éditions, Paris, France, 2015.

Ouvrage édité avec le concours du ministère des Affaires étrangères, du Commerce international et des Cultes de la République Argentine, dans le cadre du programme “Sur” de soutien aux traductions.
 Obra editada en el marco del Programa “Sur” de Apoyo a las Traducciones del Ministerio de Relaciones Exteriores, Comercio Internacional y Culto de la República Argentina.

Lire un extrait

Parole déserte / Palabra desierta
 Desert word / Palavra deserta

 Éros c’est l’amour qui incite
 à procréer et à engendrer dans la beauté.
 Patrick Süskind

Francisco Romano Pérez est un créateur de formes brèves, d’éclairs, de fugacités. Parfois, elles se résolvent en une seule ligne, d’autres, en quelques vers, et dans ces confessions de l’intime, en une prose intense et profondément lyrique.
Eros impulse le désir dans une quête aveugle pour couvrir l’absence. Alors le poète trace des signes dans le désert pour engendrer du beau, du sublime. Il brigue l’impossible. Aussi impossible que dessiner une image et arriver à l’amour. Pas à un amant incarné, mais à l’amour. À l’absolu, qui se consume dans son propre feu.
L’absence, la trace de ce que l’on a perdu, tout ouvre la porte aux mots. Le poète est brûlé par la pierre du désir. Il conjure à plusieurs reprises ce qui n’est pas là. Ce qu’il ignore. Dans ce désert de vastes sables et de nuits implacables, la parole blesse la peau lisse de la fugacité.
La mémoire amène en rafales la vie toute entière. Des présences intenses et fragiles, comme nées d’une intempérie hallucinée, vaguent parmi des lambeaux : Águeda, celle qui se répète à l’ombre de sa propre ombre. Frida, chez qui tout déborde et se casse. La faiseuse de cercles, déroulant des arômes…
Confessions tremblantes d’un sujet qui épuise l’automne de sa vie et boit son vin triste avec la certitude du point d’inflexion : l’adieu, l’imminence du départ.
Parole déserte narre, peut-être l’éclipse d’une vie transpercée d’absences. Peut-être, l’histoire d’un amour sublime, absolu. Et son naufrage. Nous ne le savons pas. Nous pouvons seulement faire des conjectures sur des vides, des dévastations, sur le feu et son désert. Et dans le désert cette syllabe sèche et abstraite qui peut-être étanchera la soif.


Eros es el amor que empuja
a procrear y alumbrar en lo bello.
Patrick Süskind

Francisco Romano Pérez es creador de formas breves, relámpagos, fugacidades. A veces, se resuelven en una sola línea, otras, en pocos versos. En estas confesiones de lo íntimo, en una prosa intensa y profundamente lírica.
Eros impulsa al deseo en una busca ciega para cubrir la ausencia. Y el poeta traza signos en el desierto para alumbrar lo bello, lo sublime. Anhela lo imposible. Tan imposible como diseñar una imagen y llegar al amor. No a un amante encarnado, sino al amor. Lo absoluto, que se consuma en su propio fuego.
La ausencia, la huella de lo perdido, todo abre la puerta a las palabras. El poeta es quemado por la piedra del deseo. Y conjura una y otra vez lo que no está. Lo que no sabe qué es. En ese desierto de arenas vastas y noches implacables. La palabra hiere la piel tersa de la fugacidad.
La memoria trae a ramalazos la vida entera. Entre jirones vagan, como nacidas de una intemperie alucinada, presencias intensas y frágiles: Águeda, la que se repite en la sombra de su propia sombra. Frida, en la que todo se desborda y quiebra. La hacedora de círculos, desovillando aromas…
Confesiones trémulas de un sujeto que apura el otoño de su vida y bebe su vino triste con la certeza del punto de inflexión: el adiós, la inminencia de la partida.
Tal vez Palabra desierta narre el eclipse de una vida atravesada de ausencias. Tal vez, la historia de un amor sublime, absoluto. Y su naufragio. No lo sabemos. Sólo podemos conjeturar vacíos, devastaciones, el fuego y su desierto. Y en el desierto esa sílaba seca y absorta que acaso calmará la sed.

Nélida Cañas

Córdoba, octubre de 2008  

 

 

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